Démarche
Exempter un produit agricole ou industriel de droits de douane
Vous importez et transformez des matières premières ou composants non disponibles en quantité suffisante dans l’UE ?
Demandez une suspension ou un contingent tarifaire autonome afin de réduire vos droits de douane, améliorer votre compétitivité et sécuriser votre approvisionnement.
Qui est concerné ?
L’introduction d’une nouvelle exemption de droits sur un produit agricole ou industriel s’adresse aux entreprises qui :
- importent des matières premières ou des produits semi-finis dans l’Union européenne et
- réalisent une transformation de ces produits
Les entreprises qui font de l’importation/achat/revente et ne transforment pas les marchandises ne sont donc pas concernées par cette démarche.
Conditions d’éligibilité
La création d’une suspension ou d’un contingent tarifaire autonome est soumise au respect de huit critères cumulatifs :
- Type de produit : matière première, un produit semi-fini ou composant.
- Transformation substantielle : Le produit doit faire l’objet d’une transformation substantielle sur le territoire de l’UE.
- Indisponibilité dans l’UE : Aucun produit identique, équivalent ou de substitution ne doit être disponible en quantité suffisante dans l’Union européenne.
- Économies de droits : La mesure doit permettre de réaliser une économie de droits de douane d’au moins 15 000 euros par an.
- Absence de droits nuls : Le produit ne doit pas déjà bénéficier de droits de douane nuls grâce à des mesures préférentielles (accord de libre échange, système de préférences généralisées…), un régime suspensif (perfectionnement actif notamment) ou d’autres instruments de politique commerciale (suspension aéronautique, suspension pharmaceutique…).
- Compatibilité avec les politiques de l’Union : L’introduction de la mesure ne doit pas être contraire à d’autres politiques de l’Union européenne (droits antidumping, droits anti subventions ou mesures de sauvegarde, Pacte Vert…).
- Absence de contrat d’exclusivité : Le produit importé ne doit pas faire l’objet d’un contrat d’exclusivité restreignant la possibilité pour d’autres importateurs européens d’acheter auprès de fabricants des pays tiers (situés hors Union européenne) les marchandises pour lesquelles une suspension est demandée.
- Absence de brevet : Le produit importé ne doit pas être protégé par un brevet qui offrirait un quasi-monopole de fait à la société ayant sollicité l’instauration de la suspension.
Procédure
Les suspensions et contingents tarifaires autonomes sont négociés deux fois par an par les États membres de l’UE et la Turquie dans le cadre d’un groupe de travail présidé par la Commission européenne. En France, c’est le bureau de la politique commerciale et tarifaire, relations opérateurs et sécurité économique (UD3) de la DGDDI qui participe aux négociations et qui y représente les intérêts des entreprises françaises.
La procédure se décompose en plusieurs étapes :
- Vérification des critères : L’entreprise s’assure que le produit importé répond aux 8 critères cumulatifs.
- Préparation du dossier : L’entreprise complète deux formulaires de demande (en anglais et en français), joint la fiche technique du produit et une déclaration de non-exclusivité.
- Envoi du dossier : Le dossier complet est transmis au bureau UD3 de la DGDDI pour analyse.
- Analyse par le bureau UD3 de la DGDDI : Il étudie la demande, en vérifie la recevabilité et, le cas échéant, échange avec l’entreprise importatrice afin de finaliser le dossier.
- Transmission du dossier : Si le dossier est recevable, il est envoyé à la Commission européenne qui en informe les autres États membres de l’UE.
- Négociations européennes : La demande est examinée lors de trois réunions de travail. La douane française y défend votre dossier.
- Gestion des oppositions : Si une entreprise européenne produit la marchandise, elle peut d’opposer à votre demande. Une négociation bilatérale s’engage alors pour trouver un accord concernant la demande de suspension ou de contingent.
- Adoption et entrée en vigueur : Si un compromis est trouvé, la mesure est adoptée et entre en vigueur le 1er janvier ou le 1er juillet.
Dates limites
La Commission européenne impose un calendrier strict pour le traitement des demandes.
Votre dossier complet doit être envoyé au bureau UD3 de la DGDDI avant :
- le 1er février pour une entrée en vigueur éventuelle le 1er janvier de l’année N+1.
- le 15 juillet pour une entrée en vigueur éventuelle le 1er juillet de l’année N+1.
Lorsqu’elle entre en vigueur, la suspension est généralement valable cinq ans renouvelables ou jusqu’à ce qu’une entreprise européenne ou la Commission s'oppose à sa reconduction.
En principe, les contingents tarifaires sont valides du 1er janvier au 31 décembre et sont reconduits chaque année.
Il faut plus d’un an pour qu’une mesure entre en vigueur alors soyez proactif et anticipez.
Comment déposer une demande de suspension ou de contingent ?
Pour initier votre démarche :
- Contactez le bureau UD3 ou votre Pôle d’action économique (PAE) par voie électronique pour bénéficier d’un accompagnement personnalisé.
- Envoyez les formulaires complétés en français et en anglais au format Word, accompagnés de la fiche technique et de la déclaration de non-exclusivité au format pdf au bureau UD3.
Précisions réglementaires
La Communication 2011/C 363/02 de la Commission (JOUE C 363 du 13 décembre 2011, page 6) fixe les lignes directrices générales des suspensions et des contingents tarifaires autonomes.
Formulaires
Une notice explicative est à votre disposition pour vous aider à compléter votre demande de suspension ou de contingent tarifaire autonome :
Le formulaire bilingue de demande de création d'une mesure de suspension ou de contingent doit être complété et transmis au format .doc :
- Nouvelle demande parties 1 et 2 (MAJ avril 2024) - DOCX 25 Ko
La troisième partie du formulaire d'une nouvelle demande comprend les informations considérées comme confidentielles et ne sera transmise qu'aux services de la Commission européenne :
- Nouvelle demande partie 3 (MAJ avril 2024) - DOCX 22 Ko
La déclaration d'absence de contrat d'exclusivité doit être envoyée au format .pdf. Ce document ne sera transmis qu'à la Commission européenne :
- Déclaration de non exclusivité (MAJ novembre 2023) - DOCX 16 Ko
Questions fréquentes
Un contingent tarifaire autonome permet d’importer une marchandise disponible (mais en quantité insuffisante) sur le territoire douanier de l’Union européenne (UE), en exemption de droits de douane, pour une quantité limitée de produit. Lorsque le contingent est épuisé, l'importation demeure possible en s'acquittant des droits de douane.
Le contingent est une exception à la règle de droit commun qu’est le tarif extérieur commun. Le but principal de la mesure est de permettre aux entreprises de l’Union d’utiliser des matières premières, des produits semi-finis ou des composants sans devoir payer les droits normalement inscrits dans le tarif douanier commun.
Les contingents tarifaires autonomes sont gérés par la Commission européenne en collaboration avec chaque État membre dans une banque de données centrale. Ils sont attribués selon le principe du « premier arrivé, premier servi » suivant la date de la déclaration en douane. Le solde de chaque contingent peut être consulté dans l’onglet expert de l'Encyclopédie RITA (Référentiel Intégré du Tarif Automatisé), disponible dans les services en ligne.
En vertu du principe de non-discrimination des échanges, les suspensions et les contingents tarifaires autonomes sont ouverts à tous les importateurs de l’Union Européenne et à tous les fournisseurs des pays tiers.
L’encyclopédie RITA (Référentiel Intégré du Tarif Automatisé), disponible dans les services en ligne, permet de rechercher les suspensions ou les contingents existants en renseignant la nomenclature du produit. L'ensemble des règlements instituant ces suspensions et contingents sont disponibles sur la fiche d'information dédiée aux suspensions et contingents tarifaires autonomes.
L’existence d’un brevet ne fait pas toujours obstacle à l’ouverture d’une mesure de suspension ou contingent tarifaires autonomes. Il convient de distinguer deux cas de figure :
- Le brevet porte sur le produit lui-même et les parties sont liées :
- la mesure ne sera pas accordée car elle offrirait un avantage qui aurait pour but de fausser la concurrencer en offrant un quasi-monopole de fait à une entreprise.
- Le brevet porte sur un mode de fabrication, un process industriel :
- le produit pourra bénéficier d'une mesure de suspension si la description de la marchandise inclut également les produits qui seraient fabriqués d’une autre manière que celle prévue par le brevet.
L’examen se fait au cas par cas, le brevet devant être précisément décrit en case 6 de la demande.
Lors de la publication des règlements portant ouverture des suspensions et contingents tarifaires autonomes, il se peut que la mesure soit assortie d’une condition de destination particulière. Concrètement, le produit importé ne pourra bénéficier de l’exemption de droits de douane qu’à la seule condition que l’opérateur assigne exclusivement le produit à une utilisation finale précise.
Généralement, deux cas de figure peuvent conduire à l’instauration d’une condition de destination particulière :
- Le dossier a fait l’objet d’une opposition ; afin d’exclure du champ d’application de la mesure la production de l’opposant, il ne sera possible d’importer la marchandise en exemption de droits que pour un usage prédéterminé.
- La Commission européenne a des doutes quant au caractère réel de l’opération de transformation opérée sur le territoire douanier de l’Union européenne ; elle limite le bénéfice de l’exonération à un usage précis.
Dans tous les cas, si la mesure utilisée comporte une condition de destination particulière (mentions « for use in » en anglais ou « destiné à » / « pour la fabrication de… » en français), vous devez vous rapprocher du bureau de douane territorialement compétent (pôle gestion des procédures) et mettre en place le régime particulier de la destination particulière préalablement à toute importation.
Pour rappel, ce régime douanier permet la mise en libre pratique de marchandises en exonération totale ou partielle de droits en raison de leur utilisation spécifique (article 254 du Code des douanes de l’Union).
Non. Les différences de prix entre les produits importés d'un pays tiers (situé hors Union Européenne-UE) et les produits européens ne sont pas prises en considération dans l’évaluation. Si une production identique, équivalente et substituable existe dans l’UE pour le même produit, alors il faut s'approvisionner auprès du fournisseur européen ou fournir auprès d’un État tiers en vous acquittant des droits de douane traditionnels à l’importation.
Importer une marchandise analogue à une mesure existante mais qui ne répond pas précisément aux spécifications du libellé de la mesure ? La demande d’amendement permet généralement d’élargir le périmètre d’une suspension ou d’un contingent existant. Par ce biais, il est possible d’intégrer des spécifications techniques plus larges, de supprimer une condition de destination particulière, de supprimer/modifier des conditions de longueur, de largeur etc… Le but est que la marchandise importée puisse être couverte par l’exemption.
Réciproquement, l’amendement permet de restreindre le champ d’application de l’exemption de droits de douane dans le cas d'une opposition à l’entrée en vigueur d’une mesure. Il est alors possible de protéger la production en ajoutant des spécifications techniques au libellé actuel de la mesure, d’ajouter une condition de destination particulière, etc… Le but est d’exclure la production du bénéfice de l’exonération de droits de douane à l’importation.
Bon à savoir : Les demandes visant à augmenter le volume d’un contingent existant peuvent être présentées à tout moment. Parallèlement, pour ces demandes, aucun délai n’a été fixé pour la formulation des objections.
Une suspension des droits autonomes permet d’importer une marchandise indisponible sur le territoire douanier de l’Union européenne (UE) en exemption totale ou partielle de droits de douane, pour une quantité illimitée de produit.
La suspension est une exception à la règle de droit commun qu’est le tarif extérieur commun (article 31 du traité sur le fonctionnement de l’UE) ; elle ne constitue en aucun cas un droit acquis aux opérateurs.
Le but de ces mesures est de stimuler l’activité économique au sein de l’Union et d’améliorer la capacité compétitive de ces entreprises. La Communication de la Commission (2011/C 363/02) dispose qu’il est « important de s’assurer que les suspensions tarifaires permettent aux entreprises établies dans l’Union européenne de maintenir le plein emploi et d’obtenir les pièces nécessaires à la fabrication de produits auxquels l’UE apporte une forte valeur ajoutée ».
Par principe, les demandes de suspension et de contingent tarifaires autonomes sont anonymes. Seule la Commission européenne a accès à la partie III de la demande qui comporte en case 11 le nom de la société demanderesse.
L’anonymat n'est levé qu’en cas d’opposition puisque les deux sociétés sont invitées à s’entendre sur une solution de compromis.
Pour vous informer
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Vos contacts
- Votre Pôle d'action économique ou
- le bureau UD3 à l'adresse dg-ud3-suspensions@douane.finances.gouv.fr
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