Lundi 19 janvier 2026
Rocambolesque saisie d’un caracal et d’un serval dans un appartement francilien par le service de renseignement de la Douane française (DNRED)
En octobre 2025, les enquêteurs de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) spécialisés dans le trafic d’espèces protégées par la Convention de Washington (dite CITES *) ont saisi chez un particulier en région parisienne, un caracal et un serval. L’individu avait jeté de son balcon le sac contenant les félins à l’arrivée des douaniers. Confiés aux pompiers de Paris puis à une structure d’accueil, ces animaux protégés se portent bien aujourd’hui.
Les animaux vivants ont été jetés depuis un balcon
Une communication d’informations, du parquet de Paris à la DNRED, portant sur une suspicion de réseau international de vente en ligne de félins protégés par la CITES, est à l’origine de cette saisie.
Au cours de leurs investigations, les enquêteurs douaniers ont identifié un acheteur résidant en région parisienne, soupçonné de détenir un félin, importé en contrebande, sans permis ou certificat CITES.
La visite domiciliaire réalisée en octobre dans l'appartement de l'individu a permis de constater la présence de deux animaux : un caracal et un serval (repris à l'annexe A ou B de la convention CITES).
L'individu a essayé de les dissimuler en les jetant sur le balcon de l'appartement de l’étage inférieur, ce qui ne leur a heureusement pas causé de dommages majeurs. Les félins ont été pris en charge par l'équipe animalière et un vétérinaire de la Brigade des sapeurs pompiers de Paris puis placés dans une structure d'accueil agréée.
Après examen, il a été constaté qu’ils étaient tous deux en bonne santé.
L'individu sera convoqué pour une audition libre afin d'évaluer son degré d'implication dans le réseau (simple acheteur ou rôle actif).
Les saisies de félins vivants par la Douane sont extrêmement rares
Les saisies de félins par la Douane française restent heureusement extrêmement rares. En 2018, les douaniers de Marseille avaient saisi un lionceau dans un garage. Confiée aux soins d’un refuge, la petite lionne de trois semaines prénommée prénommé Cercei a pu rejoindre une vaste réserve naturelle en Afrique du Sud quelques mois plus tard.
Une prise réalisée dans le cadre de l’opération « Thunder » mobilisant 134 pays sous l’égide de l’OMD et d’INTERPOL pour la protection de la biodiversité
Cette saisie s’inscrit dans le cadre plus large des résultats de l’opération internationale « Thunder », coordonnée par l’Organisation mondiale des douanes (OMD) et INTERPOL, à laquelle la Douane française participe activement chaque année. En 2025, l’opération a donné lieu à 55 contentieux, en hausse par rapport aux éditions précédentes (40 en 2024, 45 en 2023 et 26 en 2022), témoignant d’une intensification des contrôles et de la lutte contre le trafic d’espèces protégées.
Les services douaniers ont notamment intercepté 11 animaux vivants (dont des oiseaux, des tortues d’Hermann, un serval et un caracal), 5 animaux naturalisés, 33 parties d’animaux, plus de 100 objets en ivoire, près de 1 400 coraux et coquillages, ainsi que d’importantes quantités de viande de brousse, de bois protégés et de produits dérivés d’espèces menacées. Ces résultats mettent en évidence la persistance de flux variés – terrestres, aériens et maritimes – et confirment le rôle central de la Douane française dans la protection de la biodiversité et la lutte contre les trafics environnementaux.
À titre de comparaison, en 2024, la Douane avait déjà réalisé 560 constatations en matière de trafic d’espèces protégées, interceptant 167 animaux vivants et saisissant plus de 22 tonnes de produits carnés, de coraux et d’autres espèces menacées, ce qui illustre la continuité et l’ampleur de cette action au fil des années.
Qu’est-ce que la convention CITES ?
La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, dite CITES, ou Convention de Washington, a pour objectif de garantir que le commerce international des espèces inscrites dans ses annexes I, II et III, ainsi que des parties (peaux, plumes, dents…) et des produits qui en sont issus (cuirs, sacs à main, bracelet-montres, instruments de musique, produits cosmétiques…), ne nuit pas à la conservation de la biodiversité et repose sur une utilisation durable des espèces sauvages. Elle encadre le commerce international de plus de 40 900 espèces animales et végétales. La France en est partie prenante depuis 1978.
La Douane française poursuit sa mobilisation contre le trafic de ces espèces protégées, dont le commerce illégal représente l’une des principales causes de leur disparition.
Saisies spectaculaires, animaux sauvages découverts en captivité et réseaux criminels démantelés : l’opération Thunder 2025 révèle l’ampleur d’un trafic mondial contre lequel la Douane française se mobilise plus que jamais pour défendre la biodiversité.