Lundi 9 février 2026

Résultats du commerce extérieur de la France pour le mois de décembre et pour l'année 2025

Le service statistique ministériel de la douane annonce les résultats du commerce extérieur de la France pour : 

  • le mois de décembre 2025,
  • le 4e trimestre 2025,
  • et l’ensemble de l’année 2025 incluant 
    • un focus sur les effets des droits de douane américains
    • et un focus sur les échanges commerciaux entre la France et les pays du Mercosur.

Résultats de décembre 2025 : le solde du commerce extérieur se replie après six mois consécutifs de hausse

En tendance1, en décembre 2025, le solde commercial de la France se détériore (- 0,7 milliard d’euros) pour s’établir à - 4,6 milliards d’euros. Cette dégradation du solde commercial est la première depuis mai 2025.

Cette évolution s’explique principalement par une hausse des importations (+ 0,6 milliard d’euros) conjuguée à une légère baisse des exportations (- 0,1 milliard d’euros).
La détérioration du solde commercial provient de la baisse du solde des produits manufacturés (- 0,7 milliard d’euros). Parmi ceux-ci, ce sont les biens d’investissements qui connaissent la plus forte dégradation du solde (- 0,6 milliard d’euros). La balance des biens de consommation recule également, mais dans une moindre mesure (- 0,1 milliard d’euros), tandis que celle des biens intermédiaires est stable. 

Le solde énergétique se contracte légèrement (- 0,1 milliard d’euros) à la suite du recul modéré des exportations (- 0,1 milliard d’euros), les importations étant stables.

Figure 1 - Solde du commerce extérieur FAB/FAB (en milliards d'euros)

Figure 1 - Solde du commerce extérieur FAB/FAB (en milliards d'euros)

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Bilan du 4e trimestre 2025 : le solde commercial FAB/FAB de la France s’améliore de 5,3 milliards d’euros par rapport au 3e trimestre 2025

Au 4e trimestre 2025, le solde commercial FAB/FAB de la France s’améliore de 5,3 milliards d’euros par rapport au 3e trimestre 2025, après une amélioration de 4,7 milliards au 3e trimestre. Entre le 2e et le 4e trimestre 2025, le déficit commercial trimestriel a ainsi été quasiment divisé par deux. Il atteint - 11,6 milliards d’euros au 4e trimestre, un niveau pour la première fois moins dégradé que sur la période pré-Covid. 

Le solde des produits pharmaceutiques s’améliore nettement et atteint son plus haut niveau historique. Le solde des matériels de transport contribue également à l’amélioration du solde global, tout comme le solde énergétique, dont le niveau est désormais au-dessus de son niveau de la période pré-Covid.

Figure 2 - Evolution des soldes par produits 

Figure 2 - Evolution des soldes par produits

Les soldes avec l’Union européenne et le Proche et Moyen Orient poursuivent leur amélioration, atteignant de loin leur plus haut niveau depuis 2009.

Les importations diminuent de 1,9 % au 4e trimestre 2025 par rapport au trimestre précédent et atteignent 169,6 milliards d’euros. Leur baisse s’explique par celle des importations de produits pharmaceutiques, qui avaient augmenté pendant quatre trimestres consécutifs et atteint leur plus haut historique au 3e trimestre. Les importations d’énergie diminuent également. Leur niveau a été divisé par trois par rapport à leur record historique du 3e trimestre 2022 mais elles demeurent légèrement supérieures à leur niveau pré Covid.

Les exportations s’accroissent de 1,3 % au 4e trimestre 2025 et atteignent 157,9 milliards d’euros, leur plus haut historique. Cette hausse est due au dynamisme des livraisons de produits manufacturés, notamment celles de navires et bateaux. Les exportations d’énergie sont également en hausse, portées par l’électricité.

Le dynamisme des exportations de la France au 3e et au 4e trimestre est supérieur à celui de nos principaux partenaires européens. Il permet à la France de gagner des parts de marché.

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Bilan annuel 2025 : en 2025, le solde commercial FAB/FAB en valeur augmente de 10,0 milliards d’euros par rapport à 2024 et s’établit à - 69,2 milliards d’euros

Après avoir atteint son niveau le plus bas à -161,7 milliards d’euros en 2022, il poursuit son redressement entamé en 2023 mais à un rythme moindre. L’amélioration du solde en 2025 est portée par l’énergie, notamment par le pétrole raffiné et les hydrocarbures naturels, ainsi que par les matériels de transport, en particulier l’aéronautique et les automobiles. Le solde agricole et agroalimentaire se dégrade nettement, de 5 milliards d’euros, et son excédent atteint seulement 200 millions d’euros, plus bas historique depuis au moins l’an 2000. 

Malgré le redressement du solde commercial, celui-ci reste, en 2025, inférieur de 11,1 milliards d’euros à son niveau de 2019, principalement en raison de la dégradation du solde des produits manufacturés, en particulier des produits agroalimentaires, des matériels de transport, notamment des automobiles, et des produits informatiques, électroniques et optiques. 

Figure 3 - Evolution des échanges et du solde commercial français (en milliard d'euros)

Figure 3 - Evolution des échanges et du solde commercial français (en milliard d'euros)

Source : DGDDI/DSECE (données brutes)

Les exportations rebondissent en 2025 (+2,5 %), après une année de baisse, et atteignent 614,7 milliards d’euros. Leur hausse s’explique globalement par celle des volumes exportés. Ce rebond est principalement dû à la hausse des livraisons de produits aéronautiques. Les exportations de produits pharmaceutiques, de produits informatiques, électroniques et optiques ainsi que de produits métallurgiques et métalliques sont également dynamiques. À l’inverse, les exportations de produits chimiques reculent.

Les importations CAF se redressent légèrement en 2025 (+0,7 %), pour atteindre 703,6 milliards d’euros. Cette augmentation est davantage due aux volumes qu’aux prix. La totalité de la hausse est portée par les produits manufacturés (+2,9 %), avec notamment l’aéronautique, les produits agroalimentaires et les produits pharmaceutiques. À l’inverse, les importations d’hydrocarbures naturels, de pétrole raffiné et d’automobiles reculent. La diminution des approvisionnements énergétiques en valeur est due à la baisse des prix, mais ils restent toutefois plus élevés qu’en 2019, en raison des prix du gaz et, dans une moindre mesure, du pétrole.

Focus 1 : Quels effets des droits de douane américains sur le commerce extérieur de la France et de l’Union européenne ? 

La baisse des exportations françaises vers les États‑Unis prend de l’ampleur au 4e trimestre, après l’entrée en vigueur des nouveaux droits de douane courant août 2025 auquel s'ajoute l'évolution défavorable du change. Hors aéronautique, cette baisse est de 13 % par rapport au 4e trimestre 2024.

Pour un certain nombre de produits emblématiques, les exportations vers les États-Unis chutent : entre le 4e trimestre 2024 et le 4e trimestre 2025 -47 % pour les spiritueux, -39 % pour les vins, -25 % pour les parfums et cosmétiques, -15 % pour les produits de la maroquinerie. 

Ces évolutions passent notamment par des baisses de prix spécifiques au marché américain.
En 2025 par rapport à 2024, les prix à l’exportation sur le marché américain des vins et champagnes, des spiritueux ou des produits de beauté s’inscrivent en nette baisse (respectivement - 12 %, - 18 % et - 20 %) alors que dans le même temps, le prix de ces produits exportés vers le reste du monde est quasi stable. 

Figure 4 : évolution du prix des exportations de vins, spiritueux et produits de beauté vers les Etats-Unis et le reste du monde entre 2024 et 2025

Figure 4 : évolution du prix des exportations de vins, spiritueux et produits de beauté vers les états-unis et le reste du monde entre 2024 et 2025

Source : DGDDI/DSECE (données CAF/FAB, brutes)

Lecture : Entre 2024 et 2025, le prix des exportations de spiritueux de la France a diminué de 18 % vers les États-Unis mais progressé de 2 % vers le reste du monde.

 

Focus 2 : Zoom sur les échanges commerciaux entre la France et les pays du Mercosur

En tant que partenaire commercial, le Mercosur contribue à une part très réduite des flux commerciaux de la France ces dernières années : un peu moins de 1 % des exportations et environ 0,6 % des importations. Ces parts sont stables depuis la crise sanitaire. Ainsi, en 2025, la France a exporté un montant de 5,3 milliards d’euros de biens vers le Mercosur et a importé 4,4 milliards d’euros de biens depuis cette zone.

Parmi les pays du Mercosur, le Brésil est de loin le principal partenaire commercial de la France en 2025 : il représente 79 % des exportations et 86 % des importations de la France avec le Mercosur. Loin derrière, l’Argentine est le second partenaire commercial, représentant 15 % des exportations et 10 % des importations avec cette zone.

Figure 5 : évolutions des exportations, des importations et du solde entre la france et les pays du mercosur depuis 2015

Evolutions des exportations, des importations et du solde entre la France et les pays Mercosur depuis 2015

Source : DGDDI/DSECE 

Lecture : En 2025, le montant des exportations de la France vers le Mercosur s’élève à 5,3 Md€. La France a importé pour 4,4 M d€ de biens originaires du Mercosur. Au total, la France a un excédent commercial de 0,9 Md€ avec le Mercosur en 2025.

Sur la question des quotas prévus par l’accord conclu par l’Union européenne avec le Mercosur, il est à noter que les flux actuels d’importations de bovins de l'UE (190 000 tonnes sur les onze premiers mois de 2025) sont d’ores et déjà supérieurs au quota prévu (99 000 tonnes) et en sont proches pour la volaille (importations de 164 000 tonnes pour un quota de 180 000 tonnes).

Dans le cadre de l’Union douanière, les biens importés en France depuis des pays tiers peuvent être dédouanés directement en France ou entrer sur le territoire douanier de l’UE par n’importe quel autre État membre, puis transiter jusqu’à leur destination finale en France. Sur l’ensemble des importations originaires des pays du Mercosur, 19 % ont été dédouanées dans un autre pays membre de l’Union européenne avant d’arriver en France en 2025. Pour les produits agricoles et agroalimentaires, la part des importations destinées à la France mais dédouanées dans un autre État membre de l’UE (20 %) est très proche de la part globale. Elle est de 44 % pour les produits d’origine animale, et de 18 % pour les produits d’origine non animale.

Lien vers la publication détaillée 

La prochaine publication, qui portera sur les résultats du commerce extérieur de janvier 2026, sera mise en ligne le mardi 10 mars 2026, à 8h45.